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Les dangers du Net

Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /2009 17:02
On l'attendait, c'est désormais officiel. Nicolas Sarkozy vient d'annoncer vendredi qu'il souhaitait qu'on établisse en France un filtrage des sites pédophiles sur la base d'une liste noire."Il n'y aucune raison que les fournisseurs d'accès permettent l'accès à des sites pédopornographiques", explique le chef de l'Etat, pour qui "on peut parfaitement assurer la liberté qui est tout à fait nécessaire et en même temps le devoir de protection des plus vulnérables". "Internet n'est pas hors de l'Etat de droit. Notre devoir, c'est de protéger et d'aider les familles".

Personne n'est susceptible de s'élever contre une mesure visant à interdire bloquer la pédopornographie sur Internet. Reste à savoir comment l'interdire. Et c'est là où le bât blesse. Depuis un an, fournisseurs d'accès et pouvoirs publics n'ont jamais pu s'entendre sur la méthode à employer, tout simplement car il n'en existe aucune efficace.

1/Filtrer le web est juridiquement complexe

Chez Orange, que j'ai contacté, on explique pour commencer qu'il faut d'abord s'entendre sur un «cadre». «On peut filtrer, mais si les sites sont hébergés à l'étranger, comme c'est souvent le cas, on a besoin d'un cadre juridique pour agir». Ce qui ne va pas de soi. Des négociations sont en cours à ce sujet entre ministère de l'Intérieur et Fédération française des télécoms (FFT). Car la hantise des fournisseurs d'accès (FAI) est d'avoir à faire la police eux-mêmes.

La solution retenue jusqu'ici serait que la police et la gendarmerie (précisément l'OCLCTIC ou Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication, ouf) constituent une liste noire de sites interdits qu'il transmettrait ensuite aux FAI. A charge pour eux d'assurer le filtrage. Une solution qui évite de recourir à la justice, absente de la chaîne de décision.

EDIT : Contacté, un haut responsable d'un des trois grands FAI explique, sous couvert d'anonymat, que la mise en place prendra six mois et se fera dans le cadre d'un décret ajouté à la Loi d'orientation pour la sécurité intérieure (Lopsi). Les FAI sont dans l'attente d'un cahier des charges précis sur ce qui leur est demandé.


2/ Filtrer le web est techniquement compliqué.

Mais si bloquer l'accès à un site est possible pour un fournisseur d'accès, cela s'avère complexe, Et peu efficace. Le Forum des droits sur Internet avait rendu un rapport remis à la fin de l'année dernière sur la question. Il concluait déjà à la difficulté pratique de mettre en place un filtrage, tout en l'encourageant tout de même. Pourtant, d'autres spécialistes ne sont pas de cet avis. C'est le cas de Jérémie Zimmerman, de la Quadrature du Net. Pour lui, le filtrage est «inefficace au mieux, contre productif au pire».

Contrairement à d'autres pays parfois cités en exemple, le réseau internet français est complexe, puisque divisé entre de nombreux opérateurs. Il existe trois méthodes de filtrage : par l'IP (l'adresse du serveur sur lequel se situe le site qu'on veut filtrer), par DNS (le nom du domaine concerné, type «pedophilie.com») et par une méthode hybride, combinant les deux approches. Selon Jérémie Zimmerman, toutes ces méthodes sont contournables par un internaute avec un minimum de connaissances, au moyen d'un serveur proxy, qui contournera les filtres mis en place.

Bref, il n'existe aucun moyen sûr de filtrer l'accès à un site. Aucun FAI ne prend d'ailleurs le risque d'affirmer le contraire. Et on risque la catastrophe à essayer. Le cas s'est produit au Pakistan, lorsque l'Etat a voulu interdire une vidéo sur Youtube. A cause d'une erreur, c'est l'ensemble de Youtube qui s'est retrouvé bloqué, non seulement au Pakistan mais dans toute la région.

EDIT : Les opérateurs français ne sont d'ailleurs pas dupes. Le haut responsable cité plus haut explique que la solution vers laquelle on s'oriente est celle du filtrage DNS. A la question "mais cela risque d'être inefficace", il répond "on fait preuve de bonne volonté à l'égard des pouvoirs publics. Si on peut détourner une partie de l'audience de ces sites, c'est déjà bien"'. En clair, le gouvernement pourra dire qu'il agit et les FAI montrer qu'ils luttent contre la pédopornographie, même si les cyber-pédophiles expérimentés n'auront aucun mal à continuer d'accéder à leurs sites

3/Filtrer le web n'est pas toujours efficace

Autre question, à l'autre bout, celle de la "liste noire" des sites. Par définition, un site pédophile s'enregistre rarement sous un nom de domaine comme "pedophilia.com". Les images et autres contenus illicites voyagent de site en site, dans des forums, des newsgroups et autres et sont donc difficiles à identifier. Si la liste permettrait donc à priori de filtrer les sites les plus connus, il est douteux qu'elle empêche la circulation via d'autres canaux de contenus pédopornographiques.

Effet pervers : l'impossibilité de traquer les pédophiles en repérant qui va sur ces sites. Ce qui nuit au travail des enquêteurs, qui ne peuvent plus repérer les criminels ni infiltrer des filières pour les démanteler. On peut même imaginer que, face à une sécurité renforcée, les propriétaires de ces sites ne trouvent d'autres moyens plus complexe pour vendre leurs contenus.

EDIT : Le même responsable explique que selon l'accord, les sites pédophiles français seront fermés par la justice plutôt que filtrés, ce qui semble plus logique

4/ Filtrer le web inquiète le web.

Alors pourquoi cette précipitation à vouloir filtrer les contenus pédophiles ? Pour un certain nombre d'acteurs du web, la réponse est simple : mettre en place ce contrôle des contenus créera un précédent qui permettra à l'industrie musicale et aux ayants droits de justifier la nécessité de filtrer d'autres sites, notamment ceux offrant des fichiers piratés, sites de trackers bittorrent ou de liens vers des films en streaming ou en download direct...

La volonté de la Sacem et des maisons de disque d'interdire purement et simplement l'accès à The Pirate Bay et autres n'est pas nouvelle. Ni cachée. Le patron du Snep (syndicat national de l'édition phonographique), Hervé Rony, expliquait ainsi en juin dernier à PC Inpact : «Moi, la question de la pédophile un, ne m'étonne pas et deux, m'intéresse forcément parce qu'il va bien falloir que Free nous explique que, si c'est possible pour la pédophilie, c'est peut être possible pour des contenus illégaux de musique même si je ne mets pas les deux choses en rapport !».

L'autre spectre qui inquiète le web est celui d'un Internet à la chinoise où à l'Iranienne, où l'on interdit certains sites contraires aux intérêts de l'Etat. La plupart des acteurs d'Internet sont jaloux de cette liberté qui leur est donnée d'aller voir ce qu'ils veulent, où ils le veulent. Et craignent qu'un filtrage ne soit la porte ouverte à la censure. Le cas s'est d'ailleurs produit au Danemark, où un site hostile au gouvernement a été malencontrueusement glissé parmi une liste de sites pédophiles filtrés.

La perspective d'un web censuré fait généralement bondir les internautes. C'est pourtant ce dont rêvent de plus en plus ouvertement un certain nombre de grosses industries culturelles, qui, aux Etats-Unis, font un lobbying puissant pour le filtrage des réseaux, mais aussi la fin de la Net Neutrality, dont on a déjà parlé ici.

EDIT : Notre haut responsable précise encore qu'il n'est pas question pour les FAI de mettre en place de filtrage systématique : "nous n'en voulons pas". Quant à la neutralité du web, s'il est trop tôt pour se poser la question en terme concret, les FAI français assurent que pour le moment, ils restent favorables à l'équilibre actuel.
Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Les dangers du Net - Communauté : stop abus et violences
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /2009 17:02
Le président veut « que les fournisseurs d’accès bloquent les sites pédopornographiques et illégaux recensés sur une liste noire ».
Un objectif à rapprocher de la future loi d'orientation et de programmation de sécurité intérieure (LOPSI).

Filtrer internet est un thème cher au gouvernement français. Hier la ministre de la Culture Christine Albanel expliquait aux députés que pour empêcher le piratage via une connexion Wi-Fi, on pourrait instaurer une liste blanche de sites autorisés. Vendredi 13 février, le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, lors de son discours aux associations familiales, déclarait souhaiter « que les fournisseurs d'accès bloquent les sites pédopornographiques et illégaux recensés sur une liste noire. (...). Il ne faut pas laisser accessibles des sites pédopornographiques pour que des désaxés puissent rentrer en contact avec des mineurs. »

Ce projet de liste noire aurait un coût non précisé pour des FAI inquiets de cette nouvelle charge. D'autant qu'hier, Christine Albanel assurait que le coût pour ces mêmes fournisseurs d'accès, des relevés d'internautes téléchargeurs de contenus piratés serait de l'ordre de 2 à 3 millions d'euros par an.

Une mise en place sous six mois chez les FAI ?
L'annonce de Nicolas Sarkozy prolonge la volonté de filtrage déjà montrée l'an dernier par la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, et préparée avec la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie.

Ces diverses annonces alimentent les débats publics comme les échanges entre FAI et autres acteurs (la tribune du Geste en décembre, à propos de la loi Création et Internet, parlait de « filtrage systématique proche de la censure imposée ailleurs par des dictatures ») et pouvoirs publics.

Un journaliste blogueur du Figaro, qui titre « Pourquoi il est compliqué - et inefficace - de filtrer les sites pédophiles », indique qu'« un haut responsable d'un des trois grands FAI explique, sous couvert d'anonymat, que la mise en place prendra six mois et se fera dans le cadre d'un décret ajouté à la Loi d'orientation pour la sécurité intérieure (Lopsi). Les FAI sont dans l'attente d'un cahier des charges précis sur ce qui leur est demandé. »

« L'inquiétude du Web »
L'article souligne aussi la difficulté technique du blocage, rappelant la mésaventure advenue au Pakistan, « lorsque l'Etat a voulu interdire une vidéo sur Youtube. A cause d'une erreur, c'est l'ensemble de Youtube qui s'est retrouvé bloqué, non seulement au Pakistan mais dans toute la région. »

Et notre confrère de mentionner « l'inquiétude du Web », et les deux craintes qu'entraînent ces annonces de filtrage anti-pédophile : qu'il s'agisse d'un précédent pour un futur blocage des contenus piratés, et qu'on aille vers « un Internet à la chinoise ou à l'iranienne ».

Le Forum des droits sur l'Internet (FDI) a publié fin octobre 2008 une recommandation sur « la mise en place du filtrage des sites pédopornographiques par les fournisseurs d'accès à l'internet ». Mandaté par le gouvernement pour étudier le sujet - sa recommandation est relativement favorable au filtrage -, le FDI « insiste sur la nécessité de circonscrire cette mesure aux seuls contenus pédopornographiques, et souhaite que les modifications législatives nécessaires soient effectuées dans le cadre d'une loi spécifique à la lutte contre la pédopornographie sans extension du périmètre à d'autres contenus ».

(source ZDNet )
Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Les dangers du Net - Communauté : stop abus et violences
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /2009 17:00
Le tribunal correctionnel d'Alençon a condamné, hier, deux quadragénaires impliqués dans deux affaires de téléchargements illicites sur Internet.
Première affaire. Le prévenu, 44 ans, n'a pas un profil rencontré habituellement au tribunal. Titulaire d'une licence de droit et d'une maîtrise en sciences politiques, il est cadre dans une entreprise de Mortagne-au-Perche. Il se retrouve au tribunal à la suite d'un banal concours de circonstances. Un collègue de travail, en cherchant un document sur son ordinateur en son absence, est tombé sur des photos pornographiques de mineurs.

Les gendarmes se sont alors également intéressés à son ordinateur personnel. Au total, ils ont découvert plus de 22 000 images pornographiques, dont plusieurs centaines concernaient des mineurs ainsi que plusieurs centaines de vidéo. « Je ne pensais pas qu'il était répréhensible de stocker des photos d'adolescentes nues mais uniquement des photos d'adolescentes engagées dans des rapports sexuels », a expliqué le père de famille en costume sombre et chemise rose.

Enfants réels
Le président a relevé que sa liste de favoris, sur son ordinateur professionnel, comportait 35 sites à caractère pédophile. Il s'est également étonné que lors de sa troisième audition, il avait osé évoquer des photos artistiques. Si Internet est un monde virtuel, le magistrat a souligné que les enfants qui avaient posé étaient eux, bien réels.

L'avocat de la défense a indiqué que le quadragénaire, toujours salarié dans l'entreprise, n'avait pas fui ses responsabilités. « J'étais complètement dépendant à Internet, je n'ai jamais fait de fixation pédophile mais pornographique, s'est défendu l'intéressé. Bizarrement, le fait d'avoir dû l'aborder avec mes proches a été une libération ».

Le procureur a requis quatre mois de prison ferme. Le tribunal est allé au delà, prononçant une peine de six mois avec un suivi socio-judiciaire de trois ans et une inscription au fichier des délinquants sexuels.

La deuxième affaire mettait en cause un homme de 41 ans. Ce négociant licencié en philosophie a été pris en flagrant délit dans le cadre d'une enquête internationale baptisée « Falcon », en mai 2007. Certaines images téléchargées sur un site payant mettaient en cause de très jeunes enfants dans des situations pornographiques. L'intéressé s'est défendu d'être dans le déni ni la banalisation. Sans avocat, il a expliqué qu'il était seul à ce moment-là et qu'il effaçait les images au fur et à mesure.

Le procureur a requis quatre mois de prison ferme. Le tribunal l'a condamné à six mois avec sursis. Son nom sera également inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Arnaud TOUCHARD.

( source : Ouest-France )
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 09:52
L'intégralité du débat du mardi 10 février 2009 avec Jacques Henno, auteur du livre "Les 90 questions que tous les parents se posent".
(source : LEMONDE.FR | 10.02.09 )

Ganon : Pourquoi considérez-vous que ces réseaux puissent être un danger ?

Bonjour. Ces réseaux peuvent être des dangers pour les enfants à deux titres : ils peuvent être abordés par des prédateurs sexuels, et ils peuvent être victimes de harcèlement (injures, photos obscènes...) de la part d'autres mineurs. Cela étant, ces réseaux constituent des outils intéressants pour se faire des amis, garder le contact avec des connaissances qui déménagent en France ou dans le monde. De plus, l'utilisation de ces réseaux par des préadolescents ou des adolescents peut les former à l'utilisation d'outils dont ils vont avoir besoin dans leur future vie professionnelle. Par exemple, de plus en plus de cadres français utilisent des réseaux socioprofessionnels comme Linkedin ou Viadeo.


lebaro : Pourriez-vous lister les dangers que représentent les réseaux sociaux pour les enfants ? selon quelle typologie ? et comment les en protéger ?

Premier danger : être victime d'un prédateur sexuel.
Deuxième danger : le harcèlement de la part d'autres enfants.
Troisième danger : le vol d'identité numérique.
Quatrième danger : y passer trop de temps.

Le premier danger est réel, mais ne doit pas être exagéré. Il n'y a pas plus de risques de rencontrer un pédophile sur Internet qu'à la sortie de l'école, et il faut savoir que 95 % des enfants qui ont été victimes de violences sexuelles de la part d'un pédophile ont rencontré ce délinquant sexuel dans leur cercle familial, au sens large. Cela étant, le risque existe. On a vu par exemple que MySpace avait découvert sur son réseau la présence de 90 000 personnes ayant été précédemment jugées comme délinquants sexuels. Bien sûr, délinquant sexuel ne veut pas dire forcément pédophile. Et on ne sait pas exactement comment ces "délinquants sexuels" ont été recensés. En France, d'après les statistiques du ministère de la justice et les informations que m'a communiquées la brigade des mineurs à Paris, une quinzaine d'enfants par an seraient victimes de violences sexuelles de la part d'un pédophile après l'avoir rencontré sur Internet.

Le harcèlement : les réseaux sociaux permettent d'échanger des messages. Certains se servent de ces outils de communication pour insulter leurs contacts ou pour leur envoyer des photos obscènes.

Le vol d'identité : ce phénomène comporte plusieurs degrés. Le premier degré est le détournement de photo. Une photo récupérée sur un réseau social du style MySpace ou Facebook peut être modifiée, détournée à l'insu de son propriétaire. Le second degré est le vol pur et simple d'identité. Certains petits malins créent des profils à la place d'autres personnes et se font passer pour elles sur Internet.

Y passer trop de temps : comme tout outil interactif (le surf, les jeux vidéo...), les réseaux sociaux sont extrêmement chronophages. Il est alors tentant pour un enfant d'y consacrer plus de temps qu'à la lecture, à ses devoirs... et surtout de se plonger dans ce genre d'activité au lieu de faire marcher son imagination.

Comment se protéger ?

La pédophilie : les réseaux sociaux du type Facebook permettent de préciser les règles de confidentialité de son profil. Par exemple, on peut empêcher toute personne qui ne fait pas partie de son réseau d'amis de vous envoyer un message.

Le harcèlement : il ne faut pas hésiter à faire comprendre à son interlocuteur qu'il a dépassé les limites lorsqu'il vous envoie des messages à répétition que l'on n'a pas sollicités. Et s'il n'obtempère pas, il ne faut pas hésiter à l'enlever de sa liste d'amis ("défacebooker").

Vol d'identité : il ne faut pas hésiter de temps en temps à rechercher son propre nom sur les moteurs de recherche pour voir les informations qui circulent sur soi sur Internet.

Le temps passé sur cette activité : là, c'est aux parents d'intervenir et de surveiller discrètement ce que font leurs enfants sur Internet. Pour cela, la meilleure solution reste encore d'installer l'ordinateur dans une pièce commune où la famille peut jeter un coup d'oeil sur ce qui se passe.

syspipe : Pour un adolescent qui se passionne pour l'informatique, doit-on l'inciter à aller dans la direction du Web social (s'il veut par exemple créer un forum ou un blog) ?

Oui, pourquoi pas ? Il faut cependant lui rappeler les règles de la "Nétiquette" : pas d'injures, pas de détournement de photos, on ne met pas de photos de mineurs — même si ce sont ses amis — sur son blog sans l'autorisation des parents de ces mineurs... Les parents doivent surveiller que le mineur ne met pas sur son forum ou sur son blog des informations qui permettraient de l'identifier et de le localiser. Les pédophiles sont malheureusement des personnes perverses très intelligentes, capables de beaucoup de patience pour approcher leurs proies. Quelques éléments d'information comme l'adresse d'un club de foot ou d'un club de judo fréquenté par l'enfant peuvent suffire à un prédateur sexuel pour retrouver la trace de celui-ci.

niort2009 : Comment surveiller ce que font nos enfants sur ces réseaux ?

Un conseil général : dialoguer avec ses enfants au sujet de leur activité sur Internet au sens large. Les prévenir des dangers de ces activités, leur expliquer les outils qui sont à leur disposition pour préserver leur vie privée sur les réseaux sociaux, comme je le disais précédemment. Il faut leur faire confiance, mais confiance ne veut pas dire absence de contrôle. Là encore, l'ordinateur, idéalement, doit être placé dans une pièce commune pour permettre aux parents de jeter un coup d'œil de temps en temps sur l'activité de leurs enfants. Si possible, il faut demander à son enfant de vous communiquer son identifiant et son mot de passe sur ces réseaux sociaux, et vérifier de temps en temps les informations qu'il y distille. J'ai cependant conscience qu'il est parfois difficile de demander ces éléments à son enfant, surtout lorsqu'il s'agit d'un adolescent. Si l'enfant refuse, il faut de temps en temps aller sur Facebook, taper le nom de son enfant et voir les informations qui sont accessibles à n'importe qui.

syspipe : Faut-il que l'enfant se "forge" sa propre expérience (mauvaise rencontre, sans aller jusqu'à des cas extrêmes) pour qu'il appréhende le danger d'un réseau social ?

Les dangers sont suffisamment nombreux sur Internet : malheureusement, il est fort probable qu'un enfant, au cours de sa vie de jeune internaute, rencontrera un jour un "problème". Personnellement, je ne suis pas partisan de le laisser partir seul à l'aventure sur le Web. Avant de laisser votre enfant aller seul à l'école, vous le mettez en garde contre les différents risques qu'il court, vous lui apprenez à traverser lorsque le petit bonhomme est vert et vous lui dites de ne pas accepter des bonbons des inconnus. Il faut avoir le même dialogue préventif avec son enfant dès qu'il désire aller sur Internet, et surtout lui dire que s'il rencontre quelque chose qui le choque, qu'il vienne vous en parler.
niort2009 : Faut-il s'inscrire soi-même sur ces réseaux, en exigeant de l'enfant d'être admis dans son cercle d'amis ?

L'enfant risque d'être gêné s'il a son père ou sa mère dans son réseau d'amis. Il faut le laisser vivre sa vie avec ses amis. C'est pour ça que, comme je le disais précédemment, le plus simple est d'ouvrir son propre compte Facebook ou MySpace et de vérifier les informations qui sont accessibles à un quidam qui n'est pas dans son cercle d'amis.

Pierre : Est-ce que le nombre d'enfants victimes de chantage, d'intimidation ou de harcèlement a augmenté suite à l'avènement des réseaux sociaux virtuels ?

Oui, mais on ne sait pas dans quelle proportion. Le programme européen Safer Internet Plus s'est penché sur la question, mais n'a pas encore publié de statistiques. J'ai pour ma part interrogé des hauts gradés des services de police français, sans obtenir pour l'instant de chiffres.

Sodoman : Quelle différence faites-vous entre les réseaux sociaux d'un coté et les communautés en ligne du style Xbox Live, Playstation Home ou Battle.net par exemple ?

Les réseaux sociaux peuvent être facilement surveillés par les parents, qui commencent à avoir conscience des problèmes qui peuvent y survenir. Les communautés en ligne que vous évoquez sont plus proches des systèmes de messagerie instantanée (dialogue en direct sans traces) et échappent presque totalement à tout contrôle parental. Autrement dit, tout ce que l'on fait sur les réseaux sociaux laisse plus ou moins une trace (qui peut être d'ailleurs consultée, éventuellement piratée, mais aussi, fort heureusement, plus facilement encadré par un membre de la famille de l'enfant). En revanche, sur les communautés en ligne du type de celles que vous évoquez, les outils de contrôle parental sont vraisemblablement insuffisants.

bedicou : Les bibliothèques et autres services publics, offrant un accès Web au public, filtrent déjà Internet. Quelle est la qualité des filtres utilisés ? S'ils sont suffisamment rassurants, pourquoi ne seraient-ils pas proposés au grand public sur l'ordinateur familial (au lieu des filtres standard des FAI... dont on ne sait pas grand-chose) ?

En ce qui concerne les filtres, on a l'habitude de dire que la moitié des parents savent que ces outils de protection existent et que, parmi eux, seule une autre petite moitié les ont installés. Autrement dit, il y a plus d'ordinateurs protégés contre les virus que d'enfants protégés contre les contenus inappropriés. Il est vrai que l'installation et le paramétrage de ces outils sont complexes. Il est également vrai que ces outils sont encore largement perfectibles. Certains fournisseurs d'accès à Internet ont investi dans des outils performants, d'autres dans des filtres beaucoup moins élaborés. Selon les tests officiels réalisés à la demande de la DIF (délégation interministérielle à la famille) et de la DUI (délégation aux usages de l'Internet), les meilleurs filtres fournis gratuitement par les FAI ne laissent passer, par exemple, que 5 à 10 % des contenus pornographiques. Si l'on n'est pas satisfait du filtre fourni par son FAI, il est possible d'installer soi-même des outils plus performants. La précaution de base est d'activer au maximum l'option "Safe search" (filtrer tous les contenus adultes) proposée par les moteurs de recherche comme Google et Yahoo!

dod : Peut-on avoir, à l'adolescence, le recul nécessaire sur le caractère privé ou public d'une information ? Peut-on mesurer l'étendue de l'audience d'une déclaration, l'irréversibilité de sa trace ?

Beaucoup d'adolescents croient que blogs, réseaux sociaux, voire forums de discussion, riment avec carnet intime. Ils n'ont pas conscience que ce sont des sites Internet accessibles à tout le monde, et pour très longtemps.

douglas : Internet n'est-il pas une fuite de la réalité, comme une drogue douce ?

Tous les pédopsychiatres que j'ai interviewés m'ont confirmé qu'à leur connaissance les enfants ne confondaient pas réalité et virtuel. Cela étant dit, à l'adolescence, les mineurs doutent beaucoup d'eux-mêmes, pour différentes raisons (entre autres parce que leur corps se transforme), et ils apprécient de pouvoir entrer en contact avec autrui sans se dévoiler. Les nouvelles technologies leur permettent ainsi de communiquer avec d'autres personnes sans, dans un premier temps, se dévoiler. Dans la plupart des cas, ces amitiés qui se nouent, par exemple sur des MMO (jeux en ligne massivement multijoueurs), donnent lieu à des rencontres dans la vie réelle.

Jean-Charles G. : Ne trouvez vous pas que les médias font une diabolisation de ces nouveaux réseaux de communication ? Et pensez-vous que les contrôles parentaux soient une solution à ces réseaux sociaux, où faut-il revenir à un rapport de confiance enfant-parents ?

Certains médias, effectivement, soulignent un peu trop facilement le côté noir des choses. Mon propos n'est pas de diaboliser les nouvelles technologies de façon générale, et en particulier les réseaux sociaux. A mon sens, les mineurs doivent avoir absolument accès à ces outils, qui feront demain partie de leur univers professionnel. Je souhaite juste attirer l'attention de tous les internautes et de leurs parents sur un certain nombre de dangers qui existent, pour que les uns et les autres puissent établir un dialogue constructif à ce sujet.

Valentin_Artaud : Pour vous, quel est le meilleur âge pour que l'enfant commence à naviguer seul sur Internet ?

Je vais vous donner un exemple tiré de ma vie personnelle. A 6 ans, notre aîné savait assez bien lire et écrire. En juin dernier, il a commencé à explorer tout seul Internet. Il a tapé des mots-clés liés à ses centres d'intérêt (baleine, dauphin...). Je ne l'ai pas empêché de continuer, mais j'ai activé les outils de filtrage dont je disposais et ma femme et moi avons limité sa durée d'utilisation à trente minutes par jour. Pour cela, nous avons activé l'outil de contrôle parental disponible sur notre ordinateur familial. Cela veut dire quoi ? Que ce n'est pas l'ordinateur qui se contrôle tout seul, que ce n'est pas notre enfant qui contrôle l'ordinateur, mais que ce sont papa et maman qui ont la main sur la machine.
Aher : Etes-vous au courant de la répression policière dont fait l'objet le "sexting" aux Etats-Unis : des mineurs vont être inscrits à vie sur le fichier des délinquants sexuels parce qu'ils ont échangé de manière consensuelle, hors du regard des adultes, des photos d'eux-mêmes à caractère sexuel. Qu'en pensez-vous ? Croyez-vous qu'il faut se mêler de la sexualité choisie par les ados ?

Effectivement, à Greensburg, en Pennsylvanie, trois jeunes filles mineures ont été accusées d'avoir diffusé de la pédopornographie parce qu'elles se sont prises en photo nues et ont envoyé ces clichés à leurs petits copains, qui sont accusés de possession de contenu pédopornographique. Le droit français permettrait le même type d'implication, en théorie. Dans la réalité, ces mineurs auraient droit à une admonestation de la part d'un juge ou d'un officier de police, ce qui me semble plus intelligent.

lebaro : Celui qui n'obtempère pas, peut-on le dénoncer à la police, et laquelle ?

S'il s'agit d'un délit, on peut le dénoncer aux services de police. Certaines antennes ne sont pas encore toujours au courant des pratiques sur Internet et des procédures qui peuvent être déclenchées. Dans ce cas-là, il ne faut pas hésiter à saisir l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication.

isa : Manque-t-il encore un arsenal juridique pour la protection des enfants sur Internet et la téléphonie mobile ? Le Parlement devrait-il et peut-il légiférer dans ce sens pour exiger des protections supplémentaires des acteurs du Net ?

Le dispositif législatif français est très complet, et beaucoup de délits qui existent en droit peuvent d'ores et déjà être transposés dans le monde numérique. Personnellement, je pense que les pouvoirs publics devraient accentuer les efforts de mise au point d'outils de protection des enfants. Je suis pour la liberté d'expression sur Internet, mais je réclame le droit de pouvoir disposer d'outils vraiment performants.

JeanCharles_G : Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille, avait annoncé à la rentrée dernière son souhait d'instaurer une "police internationale du Web" chargée de le surveiller, afin de "protéger nos enfants". N'est-ce pas là une sorte de "flicage" afin de mieux maîtriser le média Internet, qui échappe totalement aux autorités?

Pour l'instant, les tentatives de la secrétaire d'Etat à la famille pour instaurer, par exemple, un filtrage des sites pédopornographiques n'ont pas abouti. Le Forum des droits sur Internet a publié un rapport où toutes les parties prenantes dans ce dossier se sont mises d'accord sur les modalités de ce filtrage, mais, pour des raisons techniques, cette disposition ne pourra pas être mise en place avant bien des mois...

niort2009 : Faut-il publier sur Internet une liste des délinquants sexuels ?

Personnellement, je ne suis pas favorable à ce type de publication, ce qui ne veut pas dire que les délinquants sexuels en question ne doivent pas faire l'objet d'un contrôle strict de la part des services de police s'il s'avère que ces personnes présentent un risque de récidive.

niort2009 : Pour plus de sécurité (pour l'identification de chacun, et en particulier des "prédateurs"), l'OpenID (l'équivalent d'une carte d'identité numérique) est-il la solution ?

Je ne suis pas pour l'identification obligatoire sur Internet. Tout le monde doit être libre de faire ce qu'il veut sur le Web dans le respect des lois et d'autrui. Je revendique un droit à l'anonymat (cf. mon livre Tous fichés).

Aher : J'ai lu un sommaire détaillé de votre livre. Visiblement vous connaissez très bien votre sujet, mais si j'étais ado j'aurais envie de brûler ce livre et son auteur : on dirait un outil fait exprès pour permettre aux parents de pourrir la vie virtuelle des ados. Qui êtes-vous pour vous permettre de transgresser ainsi un principe essentiel de la bonne entente dans les groupes humains, dont les familles : le principe du foutage de paix ?

Je vous remercie pour le compliment concernant ma parfaite connaissance du sujet. Le livre que j'ai écrit répond à toutes les questions que l'on me pose au cours des conférences que je donne un peu partout en France à la demande d'associations de parents d'élèves, de collectivités locales, de centres culturels, d'associations familiales. Beaucoup de parents se sentent incompétents dans le domaine des nouvelles technologies. Encore une fois, mon propos n'est pas de diaboliser les nouvelles technologies ni d'empêcher les jeunes ados fougueux, comme vous ;-), d'avoir accès à Internet ou au téléphone mobile. Mon propos est d'aider les parents à assumer leur autorité dans un domaine où ils ont encore du mal à le faire. Et, plus que le sommaire détaillé, je vous encourage à lire le livre complètement !

Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Les dangers du Net - Communauté : stop abus et violences
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /2009 15:56

les dangers de la sexualité On-line..

• Sex-addict et voyeurisme
Les adolescents confrontés à des images à caractère pornographique peuvent développer une fixation à l’imagerie pornographique elle-même, pouvant aller jusqu’à une grave dépendance. Dans certains cas, une majeure partie du temps et de l’énergie du jeune est consacrée à ces activités et il fi nit par se désintéresser de sa vie scolaire, sociale et familiale. Cette addiction se développe surtout à partir de 16-17 ans. Les adolescents qui développent ce type de problématique sont parfois ceux qui ont des problèmes d’ordre affectif au préalable (angoisse, dépression, manque de confiance en soi, etc.).

• Hyperérotisation
La confrontation à du matériel pornographique de manière précoce peut entraîner une hyperérotisation avec une sexualité abondante où le plaisir est privilégié par rapport à la relation.

• Perversion et dépendance
Le grand danger reste la pédophilie. Les jeunes les plus vulnérables sur le plan émotionnel ou en décrochage scolaire et social représentent une proie aisée pour les pédophiles via le net.

• Pornographie et précocité sexuelle
Le contact avec du matériel pornographique à un âge précoce modifie-t-il l’âge des premiers rapports sexuels ? Les avis sont très divergents à ce sujet et quant au lien de causalité entre les deux.

• Traumatisme
Les images à caractère érotique ou pornographique diffusées sur le net sont parfois choquantes par leur caractère cru ou la violence qu’elles évoquent, même pour des adultes. Pour les adolescents, qui n’ont pas encore nécessairement une définition personnelle d’une sexualité « normale », ces images sont a fortiori encore plus déstabilisantes, parfois traumatiques.

• Dépression, plus de risque
Ces sollicitations sont définies comme « parler de sexe alors qu’on ne le voulait pas », « devoir divulguer des informations personnelles sur le plan sexuel » ou « faire quelque chose de sexuel».

Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Les dangers du Net - Communauté : stop abus et violences
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