- Qu’est-ce-qu’un pédophile ?
Un pédophile est une personne, âgée de 16 ans au moins, attirée sexuellement par des enfants qui n’ont pas encore atteint le stade de la puberté, c’est-à-dire par des enfants de moins de
douze-treize ans généralement.
Cette attirance doit se manifester pendant une certaine période de temps (6 mois selon l’Association américaine de psychiatrie) pour que l’on puisse diagnostiquer qu’un individu est pédophile.
Attention ! : Au delà de la puberté, on ne doit plus employer le terme de pédophile ou de pédophilie ; erreur pourtant largement répandue. Cette confusion vient du fait qu’au regard de la loi,
l’enfant désigne celui qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité civile. Elle est fixée à 18 ans dans de nombreux pays (pas tous) et dans tous les textes internationaux. Sur un plan
biologique en revanche, l’enfant est mature beaucoup plus tôt.
Ainsi, les experts canadiens appellent "hébéphile" celui qui est attiré sexuellement par de jeunes adolescents pubères (garçons ou filles). A défaut, on parlera simplement d’abuseur sexuel
d’enfants.
2- Qu’est-ce qu’un homosexuel ?
Homosexuel(le) désigne celui (ou celle) qui est sexuellement attiré(e) par des personnes du même sexe. On parle d’homosexualité entre des partenaires matures et consentants.
3- Qu’est-ce-qu’un pédéraste ?
Pédéraste est un terme dont le sens a évolué provoquant ainsi une confusion dans nos esprits. Dans son origine grecque, il est très proche du mot pédophile ("celui qui aime les enfants"). Or,
aujourd’hui, on l’entend plutôt au sens d’homme adulte attiré par de jeunes garçons sexuellement matures et, de là, au sens d’homosexualité masculine. Son abréviation en "pédé" dans la langue
française est terme péjoratif pour désigner un homosexuel.
4- Les pédophiles sont-ils attirés par les filles ou par les garçons ?
Ils peuvent être attirés uniquement par les garçons, uniquement par les filles, ou à la fois par les filles et les garçons.
La pédophilie dont sont victimes les filles est plus souvent signalée que la pédophilie dont sont victimes les garçons (dans une proportion de deux tiers de filles pour un tiers de garçons).
En revanche, l’attirance sexuelle pour les garçons est généralement plus profondément ancrée chez un individu que celle concernant les filles. Le taux de récidive serait d’ailleurs environ deux
fois plus élevé chez les pédophiles attirés par les garçons.
5- Les pédophiles sont attirés par des enfants de quel âge ?
Les enfants de tous âges peuvent être victimes des pédophiles, y compris les bébés.
Mais l’Association américaine de psychiatrie constate qu’en général, les pédophiles attirés par les filles les préfèrent entre 8 et 10 ans et que ceux qui le sont par les garçons préfèrent les
enfants légèrement plus âgés.
6- Les pédophiles ne sont-ils attirés que par les enfants ?
Parmi les pédophiles, certains ne sont attirés que par les enfants (type exclusif) alors que d’autres peuvent l’être à la fois par les enfants et les adultes (type non exclusif). L’Organisation
mondiale de la santé inclut dans la catégorie des pédophiles ceux qui ont une préférence sexuelle pour les adultes mais qui, n’arrivant pas obtenir les contacts qu’ils désirent, se tournent de
façon répétée vers les enfants.
7- Qui sont les pédophiles ?
Ce sont des hommes à 90 ou 95%.
Une grande majorité (85% environ) appartient à l’entourage proche de l’enfant : famille, voisins, amis... La plupart du temps donc, la victime connaît son agresseur. Ceci est d’autant plus vrai que
la victime est jeune. L’abus sexuel suite à une mauvaise rencontre avec un inconnu est peu fréquent alors que ce type d’affaires est souvent largement médiatisé.
Les pédophiles peuvent être homosexuels, hétérosexuels ou bisexuels. Etre pédophile n’exclut pas, par ailleurs, le fait d’être marié et père de famille.
8- Y-a-t-il des femmes pédophiles ?
Oui, mais elles sont peu nombreuses. On affirme généralement que 5 à 10% des cas de pédophilie concerneraient des femmes. Ces cas sont rares et assez difficiles à prouver. On sait peu de choses à
l’heure actuelle concernant les femmes et la pédophilie.
Il s’agit en majorité d’inceste mère fils. L’inceste impliquant la mère est un sujet encore plus tabou que lorsque le père est en cause.
Il arrive aussi parfois que la femme, sans être à proprement parlé l’abuseur, se rende complice de ce dernier notamment quand elle-même a été victime d’abus sexuel durant son enfance. C’est le cas
par exemple lorsqu’elle se tait face à une situation d’inceste du père sur les enfants, ou lorsqu’elle photographie ou filme une scène dans laquelle son mari ou son compagnon abuse sexuellement
d’un enfant.
9- La pédophilie est-elle une maladie mentale ?
Non, la pédophilie n’est pas une maladie mentale mais elle est considérée comme un "trouble de la préférence sexuelle" selon la formulation de l’Organisation mondiale de la santé.
10- Les pédophiles sont-ils responsables pénalement des actes qu’ils commettent?
Cette question est essentielle puisqu’un individu qui n’est pas jugé responsable de ses actes au moment des faits n’est pas condamnable au plan pénal. Or pour les experts psychiatriques auprès des
tribunaux, les pédophiles, sauf rares exceptions, ont conscience que leurs actes sont immoraux et interdits par la loi. Ils ne sont pas des malades mentaux qui seraient ainsi irresponsables de
leurs agissements. Ils sont bien reconnus responsables des actes qu’ils commettent.
11- Les pédophiles qui passent à l’acte ont-ils conscience de faire du mal à l’enfant?
Là se situe également un problème important. Les pédophiles peuvent savoir que leurs agissements sont réprimés par la loi sans pour autant comprendre en quoi leur attitude est destructrice pour
l’enfant. Certains ont conscience du mal qu’ils font et, soit y prennent du plaisir, soit sont incapables de contrôler leur pulsion. Mais la majorité ne comprennent pas en quoi leur attitude est
néfaste pour l’enfant. Ces derniers, pour la plupart, considèrent l’enfant comme un objet que l’on peut manipuler et non comme une personne capable de souffrir.
12- Quels sont les comportements sexuels des pédophiles avec les enfants ?
Certains pédophiles se limitent à "déshabiller l’enfant et à le regarder, à s’exhiber eux-mêmes, à se masturber en présence de l’enfant, ou à toucher et caresser l’enfant avec douceur". (Ces
comportements sont les plus fréquents lorsque les enfants ne sont pas encore pubères). D’autres se livrent à un acte de pénétration sexuelle et agissent de la même manière que s’ils se trouvaient
face à un adulte.
Il n’existe pas de comportement sexuel spécifique aux pédophiles : la pédophilie ne désigne pas un acte en particulier mais une attirance sexuelle pour les enfants pré-pubères qui se traduit,
lorsqu’il y a passage à l’acte, par un type de comportement envers les enfants propre à chaque individu.
13- Tous ceux qui abusent sexuellement d’enfants pré-pubères sont-ils des pédophiles ?
Non. Les spécialistes distinguent généralement deux types d’individus :
Ceux qui abusent sexuellement de jeunes enfants sans éprouver pour eux une réelle attirance sexuelle. On ne doit pas employer le terme de pédophile mais celui d’abuseur sexuel d’enfants. Il s’agit
par exemple d’individus sans moralité qui commettent toutes sortes d’actes criminels ou de délits sur les biens et les personnes (quelque soit leur âge). Ceux qui abusent sexuellement d’enfants par
désir de tout expérimenter dans ce domaine entrent également dans cette catégorie.
Dans le second cas, les individus éprouvent une réelle préférence sexuelle envers les enfants pré-pubères. Il s’agit ici de vrais pédophiles. Chez ces individus, la dimension perverse est davantage
présente. Parmi eux, on peut distinguer ceux qui séduisent et idéalisent l’enfant et font preuve d’une grande attention et sensibilité à son égard et ceux qui recourent plus généralement à la force
et à la violence pour contraindre leurs victimes.
14- Peut-on être pédophile sans passer à l’acte ?
Oui. Certains éprouvent une réelle attirance pour les jeunes enfants, et peuvent donc être qualifiés de pédophiles, mais ne passent pas à l’acte, généralement soit parce qu’ils se sentent honteux
et fautifs, soit parce qu’ils ont peur d’être pris. Dans la mesure où ils ne traduisent pas leur attirance par des faits, ces individus ne sont pas coupables vis-à-vis de la loi.
15- Le fait d’avoir des fantasmes sexuels sur les enfants signifie-t-il que l’on est pédophile?
Pas nécessairement. Pour pouvoir le dire, il faut tenir compte de l’ampleur et de la persistance des fantasmes.
Par exemple, on peut être excité ponctuellement par une scène érotique avec un enfant sans pour autant être pédophile.
Les pédophiles en revanche sont des individus pour qui les fantasmes sexuels sur les enfants occupent une très grande place et persistent sur une longue période de temps. Certains d’entre-eux
n’abuseront jamais d’enfants. Mais pour d’autres, ce risque existe et peut être important. Il arrive parfois que des personnes, prenant conscience du caractère "anormal" de leurs fantasmes et de la
menace qu’elles font courir aux enfants, consultent d’elles-mêmes un spécialiste.
Ce n’est que lorsque le pédophile traduit ses fantasmes en actes et qu’il abuse sexuellement d’un enfant qu’il devient condamnable au plan juridique.
16- Y-a-t-il plus de pédophiles dans certains milieux sociaux ?
Non, ils appartiennent à tous les milieux sociaux. Mais on peut souligner que jusqu’à présent le repérage et les poursuites ont été plus fréquents chez les catégories les plus défavorisées. Il est
sans nul doute plus facile pour les gens de condition sociale élevée de cacher ce type d’affaires. On a par ailleurs plus de mal à croire que des personnes "respectables" sont capables d’abuser
sexuellement d’enfants.
17- Y-a-t-il plus de pédophiles dans certaines professions ?
L’interrogation concernant la profession est pertinente puisque l’on remarque, en effet, qu’un nombre non négligeable de pédophiles se tournent vers les métiers qui leur permettent un contact
direct et permanent avec les enfants. Ils surinvestissent l’intérêt porté aux enfants qu’ils se sentent une vocation à soigner, éduquer, enseigner.
18- Quelle est l’ampleur du phénomène ?
Il est extrêmement difficile de connaître le nombre de pédophiles ou d’enfants victimes de pédophilie. Le sujet ayant longtemps été caché, nié, victime de la "loi du silence". On dispose depuis
quelques années de données chiffrées sur les abus sexuels sur enfants sans qu’il y soit fait la plupart du temps de distinction d’âge (Voir question 34). Il semblerait toutefois que plus de la
moitié des abus sexuels sur enfants ont lieu avant l’âge de 12 ans.
19- La pédophilie est-elle condamnée par la loi ?
Contrairement à ce que l’on peut penser,
la "pédophilie" ne figure pas dans le Code pénal. Ce n’est pas un terme juridique mais un terme médical
(psychiatrique) qui définit, comme indiqué plus haut, un trouble de l’orientation sexuelle. On ne peut pas être condamné pour une attirance, une orientation (qui reste au stade de la pensée) mais
uniquement pour les actes que l’on commet s’ils sont contraires à la loi.
20- Que prévoit le Code pénal ?
La législation varie fortement d’un pays à l’autre : d’une part la définition des infractions n’est pas la même (c’est le cas notamment du viol) et d’autre part les peines prévues pour chacune
d’elles diffèrent également fortement.
Toutefois, on distingue généralement les agressions sexuelles (dont fait partie le viol) et les atteintes sexuelles. Les premières sont exercées avec violence, contrainte, menace ou surprise,
contrairement aux secondes.
Concernant les agressions sexuelles, le jeune âge de la victime est en principe une circonstance aggravante de la peine encourue par l’auteur de l’agression. Pour les atteintes sexuelles, le fait
qu’elles soient exercées sur un enfant est une infraction en tant que telle.
21- Qu’est-ce que la majorité sexuelle ?
La majorité sexuelle est une notion importante. Elle désigne l’âge à partir duquel un individu peut librement consentir à des relations sexuelles, y compris avec un adulte plus âgé que lui.
Toute relation sexuelle avec un mineur n’ayant pas atteint la majorité sexuelle est interdite par la loi. Quelques soient les déclarations de la victime, elle est toujours considérée comme ayant
été abusée sexuellement. Jusqu’à cet âge, toute notion de consentement est donc exclue.
Dans les pays où le juridique n’a pas la place qu’il occupe dans les pays occidentaux, l’âge du consentement relève de la tradition.
22- L’âge de la majorité sexuelle est-il le même dans tous les pays où cette notion existe ?
Non, à titre d’exemple, la majorité sexuelle est fixée à 16 ans en Angleterre, au Pays de Galles, en Suisse, en Autriche, à 15 ans en France et au Danemark, à 14 ans en Allemagne, en Autriche, au
Portugal et en Suisse, à 12 ans en Espagne.
Les autres abus sexuels sur enfants
23- Qu’est-ce que l’inceste ?
On parle d’inceste lorsque l’abus sexuel est commis par un membre de la famille de l’enfant : père, mère (exceptionnellement), beau-père, frère, oncle...
24- Peut-on comparer l’inceste et la pédophilie ?
Il existe certaines différences entre l’inceste et la pédophilie :
L’inceste survient toujours dans un contexte de dysfonctionnement familial : le parent incestueux, comme avant lui ses propres parents, n’a pas intégré l’interdit de l’inceste. Ensuite, le
pédophile choisit généralement minutieusement l’enfant qu’il va abuser (en fonction de l’âge, du sexe, de toutes sortes de caractéristiques physiques). Le père incestueux, lui, s’en prend à ses
enfants parce que, précisément, ce sont ses enfants : il ne choisit pas sa victime. Il n’éprouve pas dans la plupart des cas une attirance générale envers les enfants. Il faut mentionner également
que dans le cas d’un inceste, le traumatisme pour l’enfant est plus grand que lorsque l’abuseur est un étranger.
Mais par ailleurs, l’enfant attend protection de la part des adultes en général et de ses parents en particulier. L’image de l’adulte protecteur est fondamentale pour l’enfant. C’est celle que le
parent doit incarner lorsque l’enfant a été abusé sexuellement par un étranger et c’est précisément celle que le parent détruit quand il commet un inceste. Pour cette raison, l’inceste est
considéré par certains experts comme le cas typique de la pédophilie.
25- Que prévoit la loi concernant l’inceste ?
De même que la pédophilie,
l’inceste ne figure pas dans le Code pénal français. En revanche, comme dans le cas où la victime est un mineur de moins de quinze
ans (voir question 1, le fait que l’abus sexuel soit commis par un ascendant est considéré comme une circonstance aggravante qu’il y ait agression ou atteinte sexuelle.
26- Qu’est-ce que la pornographie impliquant des enfants ?
La définition de la pornographie impliquant des enfants varie fortement d’un pays à l’autre :
Dans certains pays comme les Etats-Unis, il n’y a pornographie que lorsqu’il y a réellement, derrière l’image, abus ou exploitation sexuelle d’enfants. Dans d’autres pays, toute image sexuellement
explicite d’enfants (réelle ou créée) est considérée comme de la pornographie. Le groupe belge MAPI (Mouvement Anti-Pédophilie sur Internet) ne restreind pas la pornographie aux seules images. Il
la définit comme "tout matériel mettant en scène des enfants dans des situations explicitement sexuelles ou incitant à l’exploitation sexuelle des enfants". Interpol a établit une définition très
large de la pornographie : "La pornographie enfantine est la conséquence de l’exploitation ou de l’abus sexuel perpétré sur un enfant. Elle peut être définie comme tout moyen de dépeindre ou de
promouvoir l’exploitation sexuelle d’un enfant, y compris sous forme écrite et/ou audio, centrée sur les actes sexuels ou les organes génitaux de l’enfant".
27- Quel est l’évolution du phénomène de la pornographie impliquant des enfants ?
L’apparition des nouvelles technologies, et notamment d’Internet, a permis une forte expansion du phénomène de la pornographie impliquant des enfants. Deux faits marquants doivent être soulignés.
D’une part les quantités d’images saisies chez les particuliers lors d’opérations de police sont de plus en plus importantes (de 75 000 à 250 000, voire 500 000 selon Interpol). D’autre part on
assiste à une escalade de la violence concernant un certain type de pornographie puisque l’on va jusqu’à mettre en scène torture et meurtre d’enfants.
28- Quel rôle joue la pornographie impliquant des enfants chez les pédophiles ?
Un grand nombre de pédophiles collectent, (re)distribuent souvent, et même produisent de la pornographie impliquant des enfants. Elle est souvent un élément important chez les pédophiles.
La consommation leur permet d’alimenter leurs fantasmes.
En ce qui concerne la distribution, l’échange d’images avec d’autres pédophiles, la création et le renforcement de réseaux de pédophiles sont plus importants que le gain financier lui-même.
29- Quels sont les dommages de cette pornographie pour l’enfant ?
L’acte est préjudiciable pour les enfants à plusieurs titres :
La consommation de pornographie impliquant des enfants fait vivre et prospérer une industrie qui, à la base, exploite sexuellement les enfants (sauf dans le cas d’images virtuelles, qui restent
cependant nuisibles à d’autres titres) essentiellement dans les pays pauvres. Ensuite, le sentiment de culpabilité que les enfants, utilisés pour produire cette pornographie, peuvent éprouver (ou
éprouveront plus tard) se trouve renforcé et perdurera longtemps. Par ailleurs, ces images peuvent être utilisées par les pédophiles pour désinhiber d’autres enfants vis-à-vis de la sexualité et
les persuader ainsi d’avoir des relations sexuelles avec eux. Enfin, les enfants, notamment par le biais d’Internet, sont susceptibles d’avoir accès à ces images.
30- Quelle est la position de la loi vis-à-vis de la pornographie impliquant des enfants ?
Alors que la pornographie mettant en scène des adultes est tolérée dans beaucoup de pays, la pornographie impliquant des enfants est, elle, en principe illégale.
On peut néanmoins souligner que :
les législations diffèrent notablement d’un pays à l’autre en fonction des différentes définitions relatives à la pornographie impliquant des enfants (Cf. question 24) mais aussi en fonction de
l’âge en dessous duquel les faits sont punis.
certains pays ne punissent pas la simple détention de matériel pornographique impliquant des enfants (cas de la France par exemple).
les lois n’évoluent pas aussi vite que les progrès de la technologie qui modifient profondément le paysage de la pornographie.
dans certains pays, la législation en matière de pornographie impliquant des enfants est inexistante.
31- Que doit-on savoir sur le tourisme sexuel sur enfants et la prostitution enfantine ?
L’expansion des échanges internationaux dans le monde a eu des conséquences dramatiques sur le développement du tourisme sexuel en général et de celui impliquant des enfants en particulier. Un
nombre de plus en plus grand d’individus se rendent à l’étranger pour avoir des relations sexuelles avec des enfants. L’"offre d’enfants" a des causes multiples parmi lesquelles on peut mentionner
l’accroissement de la pauvreté et à l’apparition de nouveaux besoins suscités par le contact avec les pays riches. Elle est venue répondre à une "demande" en constante augmentation, liée à la
recherche de partenaires de plus en plus jeunes afin d’éviter la contamination par des maladies sexuellement transmissibles, et notamment par le virus du sida, et au sentiment que, dans les pays
les plus pauvres, les contacts sexuels avec des enfants sont permis ou restent de toute façon impunis.
On ne connaît pas le nombre exact d’enfants prostitués dans le monde : ils seraient de 1 à 3 millions suivant les estimations, essentiellement dans les pays d’Amérique Latine, d’Asie et de façon
croissante dans les pays d’Europe de l’Est. Les pays dont la législation en matière d’abus sexuels sur mineurs est peu répressive sont naturellement les destinations privilégiées des touristes
sexuels. (Même si le phénomène n’est pas comparable, il faut toutefois indiquer que les pays occidentaux ne sont pas épargnés par le problème de la prostitution enfantine).
32- Quel est l’incidence du sida sur les enfants prostitués ?
Selon l’ONUSIDA et l’OMS, fin 1998, 1,2 million d’enfants de moins de quinze ans vivaient avec le virus du sida. Plus de 4 millions d’enfants de moins de quinze ans auraient été infectés depuis le
début de la maladie. 2,8 millions d’entre eux seraient déjà décédés de la maladie. Parmi les enfants de moins de quinze ans contaminés par le virus, plusieurs centaines de milliers ont été infectés
par transfusion sanguine et voie sexuelle.
Les enfants prostitués sont touchés de façon dramatique par ce fléau. Ils sont moins informés que les adultes des risques encourus, sont beaucoup plus sujets que leurs aînés à une contamination et
développent plus vite la maladie.
En Asie par exemple, les tests effectués sur les enfants que l’on tente de retirer de la prostitution indiquent que 50 à 80% d’entre eux sont infectés par la maladie.
33- Quel lien peut-on établir entre pédophilie, pornographie et tourisme sexuel ?
De plus en plus fréquemment, les touristes sexuels se rendent dans les pays en voie de développement pour avoir des relations sexuelles avec des enfants et photographient ou filment leurs ébats.
Les images sont ensuite parfois échangées ou vendues une fois leurs "propriétaires" de retour dans leur pays.
34- La loi poursuit-elle ceux qui commettent des abus sexuels sur les enfants à l’étranger ?
Une douzaine de pays se sont dotés de lois d’extraterritorialité destinées à poursuivre leurs ressortissants coupables d’abus sexuels sur enfants à l’étranger. Elles permettent de pallier à
l’impunité de certains pays en ce domaine, qui s’explique par des législations défaillantes et/ou par un manque de volonté de faire appliquer les lois. Elles doivent être mises en œuvre lorsque les
auteurs d’agressions sexuelles sur enfants n’ont pas été condamnés dans les pays où l’infraction a été commise.
35- Que sait-on des abus sexuels sur enfants commis par des enfants ?
L’accroissement du nombre d’auteurs très jeunes dans les cas d’agressions sexuelles d’enfants est un phénomène inquiétant. Selon, les résultats d’une enquête publiée en 1996 et réalisée à Genève
sur 1116 garçons et filles âgés de 13 à 17 ans, 35% des cas d’abus sexuels sur mineurs sont commis par des auteurs de la même classe d’âge. Une recherche réalisée en Espagne par l’Université de
Valence va même plus loin, puisqu’elle indique que 50% des agresseurs sexuels d’enfants sont des adolescents. Dans un certain nombre de cas, il s’agit de rendez-vous entre adolescents qui tournent
mal.
36- Quel est l’ampleur des abus sexuels sur enfants?
Il n’est pas aisé d’avoir une idée de l’ampleur d’un problème où règnent la honte et le secret. Les chiffres sont dans ce domaine assez aléatoires.
On pense qu’approximativement 1 garçon sur 10 ou sur 8 et 1 fille sur 4 environ sont victimes d’abus sexuel au sens large avant l’âge de 18 ans.
Selon l’enquête précitée réalisée à Genève, une agression avec contact physique a eu lieu chez 20% des filles et 3,3% des garçons. Une pénétration sexuelle a eu lieu chez 5,6% des filles et 1,1%
des garçons.
37- Quelle est l’importance des abus sexuels sur enfants comparé à l’ensemble de la maltraitance ?
En France, selon l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée, en 1997, les abus sexuels représentaient près du tiers des cas de maltraitance, à peu près autant que les violences
psychologiques et les négligences graves d’une part et que les violences physiques d’autre part.
On constate toutefois que l’abus sexuel sur enfant est assez rarement un acte isolé. Il survient fréquemment en réalité dans un contexte de maltraitance (séparation des parents, abandon ou
négligence de l’enfant, violences physiques...). Le repérage d’un abus sexuel chez l’enfant doit amener à s’interroger sur l’existence d’autres formes de maltraitance.
38- Y-a-t-il plus de cas d’abus sexuels aujourd’hui ?
Il semble difficile d’affirmer que les agressions sexuelles d’enfants sont en augmentation même si les chiffres disponibles indiquent une aggravation du phénomène. La pédophilie et les abus sexuels
sur enfants existent depuis fort longtemps mais le tabou dont ils étaient l’objet, et qui subsiste encore parfois, fait qu’on a longtemps ignoré le problème. La prise de conscience au cours des
années récentes permet que les victimes soient mieux repérées et systématiquement comptabilisées. De plus, le dépôt de plainte est devenu plus fréquent. Jusque très récemment, en France, les cas
d’abus sexuels sur enfants étaient généralement répertoriés, lorsqu’ils étaient connus, avec les agressions sexuelles sur les adultes. Les données statistiques ne sont disponibles que depuis trop
peu d’années pour pouvoir dégager une tendance. En outre, aujourd’hui comme hier, un grand nombre de cas n’apparaissent pas dans les chiffres. Ceux-ci doivent être donc considérés avec
prudence.
En revanche, deux phénomènes se sont certainement aggravés : la pornographie et le tourisme sexuel impliquant des enfants.
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