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Maltraitance à enfant

Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 20:08

Un pédophile de 44 ans a été interpellé mercredi matin près de Nevers par les gendarmes, qui ont pu délivrer une adolescente de 14 ans qu'il séquestrait depuis plusieurs jours, ont-ils annoncé.

L'homme, domicilié à La Rochelle (Charente-Maritime) où il venait de purger une peine pour pédophilie, a été interpellé au terme d'une course poursuite à Sermoise-sur-Loire, près de Nevers, et placé en garde à vue à la brigade de recherches de Nevers.

L'adolescente, découverte à l'intérieur du véhicule, a été libérée apparemment saine et sauve, et devait être examinée par des médecins avant d'être remise à sa famille en Lorraine, ont précisé les gendarmes.

La jeune fille avait fugué le 14 novembre de l'internat de son collège de Brouderdoff (Moselle) pour rejoindre le correspondant avec lequel elle "chattait" (dialoguait de façon anonyme) sur internet.

Sa famille et ses enseignants, qui étaient sans nouvelles d'elle, ont alors alerté la gendarmerie qui a localisé le propriétaire du portable.

Après avoir repéré son véhicule, plusieurs brigades de gendarmerie du Cher, de l'Allier et de la Nièvre, départements qu'il venait de traverser, l'ont pris en chasse alors qu'il se dirigeait vers Nevers.

L'homme, dont l'identité n'a pas été communiquée, était finalement interpellé après une course poursuite en voitures et une fuite à travers champs.

Il devrait être prochainement transféré à La Rochelle pour être mis en examen.

Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Maltraitance à enfant - Communauté : stop à la maltraitance
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 11:18
- Qu’est-ce-qu’un pédophile ?
Un pédophile est une personne, âgée de 16 ans au moins, attirée sexuellement par des enfants qui n’ont pas encore atteint le stade de la puberté, c’est-à-dire par des enfants de moins de douze-treize ans généralement.

Cette attirance doit se manifester pendant une certaine période de temps (6 mois selon l’Association américaine de psychiatrie) pour que l’on puisse diagnostiquer qu’un individu est pédophile.

Attention ! : Au delà de la puberté, on ne doit plus employer le terme de pédophile ou de pédophilie ; erreur pourtant largement répandue. Cette confusion vient du fait qu’au regard de la loi, l’enfant désigne celui qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité civile. Elle est fixée à 18 ans dans de nombreux pays (pas tous) et dans tous les textes internationaux. Sur un plan biologique en revanche, l’enfant est mature beaucoup plus tôt.

Ainsi, les experts canadiens appellent "hébéphile" celui qui est attiré sexuellement par de jeunes adolescents pubères (garçons ou filles). A défaut, on parlera simplement d’abuseur sexuel d’enfants.

2- Qu’est-ce qu’un homosexuel ?
Homosexuel(le) désigne celui (ou celle) qui est sexuellement attiré(e) par des personnes du même sexe. On parle d’homosexualité entre des partenaires matures et consentants.

3- Qu’est-ce-qu’un pédéraste ?
Pédéraste est un terme dont le sens a évolué provoquant ainsi une confusion dans nos esprits. Dans son origine grecque, il est très proche du mot pédophile ("celui qui aime les enfants"). Or, aujourd’hui, on l’entend plutôt au sens d’homme adulte attiré par de jeunes garçons sexuellement matures et, de là, au sens d’homosexualité masculine. Son abréviation en "pédé" dans la langue française est terme péjoratif pour désigner un homosexuel.

4- Les pédophiles sont-ils attirés par les filles ou par les garçons ?
Ils peuvent être attirés uniquement par les garçons, uniquement par les filles, ou à la fois par les filles et les garçons.

La pédophilie dont sont victimes les filles est plus souvent signalée que la pédophilie dont sont victimes les garçons (dans une proportion de deux tiers de filles pour un tiers de garçons).

En revanche, l’attirance sexuelle pour les garçons est généralement plus profondément ancrée chez un individu que celle concernant les filles. Le taux de récidive serait d’ailleurs environ deux fois plus élevé chez les pédophiles attirés par les garçons.

5- Les pédophiles sont attirés par des enfants de quel âge ?
Les enfants de tous âges peuvent être victimes des pédophiles, y compris les bébés.

Mais l’Association américaine de psychiatrie constate qu’en général, les pédophiles attirés par les filles les préfèrent entre 8 et 10 ans et que ceux qui le sont par les garçons préfèrent les enfants légèrement plus âgés.

6- Les pédophiles ne sont-ils attirés que par les enfants ?
Parmi les pédophiles, certains ne sont attirés que par les enfants (type exclusif) alors que d’autres peuvent l’être à la fois par les enfants et les adultes (type non exclusif). L’Organisation mondiale de la santé inclut dans la catégorie des pédophiles ceux qui ont une préférence sexuelle pour les adultes mais qui, n’arrivant pas obtenir les contacts qu’ils désirent, se tournent de façon répétée vers les enfants.

7- Qui sont les pédophiles ?
Ce sont des hommes à 90 ou 95%.

Une grande majorité (85% environ) appartient à l’entourage proche de l’enfant : famille, voisins, amis... La plupart du temps donc, la victime connaît son agresseur. Ceci est d’autant plus vrai que la victime est jeune. L’abus sexuel suite à une mauvaise rencontre avec un inconnu est peu fréquent alors que ce type d’affaires est souvent largement médiatisé.

Les pédophiles peuvent être homosexuels, hétérosexuels ou bisexuels. Etre pédophile n’exclut pas, par ailleurs, le fait d’être marié et père de famille.

8- Y-a-t-il des femmes pédophiles ?
Oui, mais elles sont peu nombreuses. On affirme généralement que 5 à 10% des cas de pédophilie concerneraient des femmes. Ces cas sont rares et assez difficiles à prouver. On sait peu de choses à l’heure actuelle concernant les femmes et la pédophilie.

Il s’agit en majorité d’inceste mère fils. L’inceste impliquant la mère est un sujet encore plus tabou que lorsque le père est en cause.

Il arrive aussi parfois que la femme, sans être à proprement parlé l’abuseur, se rende complice de ce dernier notamment quand elle-même a été victime d’abus sexuel durant son enfance. C’est le cas par exemple lorsqu’elle se tait face à une situation d’inceste du père sur les enfants, ou lorsqu’elle photographie ou filme une scène dans laquelle son mari ou son compagnon abuse sexuellement d’un enfant.

9- La pédophilie est-elle une maladie mentale ?
Non, la pédophilie n’est pas une maladie mentale mais elle est considérée comme un "trouble de la préférence sexuelle" selon la formulation de l’Organisation mondiale de la santé.

10- Les pédophiles sont-ils responsables pénalement des actes qu’ils commettent?
Cette question est essentielle puisqu’un individu qui n’est pas jugé responsable de ses actes au moment des faits n’est pas condamnable au plan pénal. Or pour les experts psychiatriques auprès des tribunaux, les pédophiles, sauf rares exceptions, ont conscience que leurs actes sont immoraux et interdits par la loi. Ils ne sont pas des malades mentaux qui seraient ainsi irresponsables de leurs agissements. Ils sont bien reconnus responsables des actes qu’ils commettent.

11- Les pédophiles qui passent à l’acte ont-ils conscience de faire du mal à l’enfant?
Là se situe également un problème important. Les pédophiles peuvent savoir que leurs agissements sont réprimés par la loi sans pour autant comprendre en quoi leur attitude est destructrice pour l’enfant. Certains ont conscience du mal qu’ils font et, soit y prennent du plaisir, soit sont incapables de contrôler leur pulsion. Mais la majorité ne comprennent pas en quoi leur attitude est néfaste pour l’enfant. Ces derniers, pour la plupart, considèrent l’enfant comme un objet que l’on peut manipuler et non comme une personne capable de souffrir.

12- Quels sont les comportements sexuels des pédophiles avec les enfants ?
Certains pédophiles se limitent à "déshabiller l’enfant et à le regarder, à s’exhiber eux-mêmes, à se masturber en présence de l’enfant, ou à toucher et caresser l’enfant avec douceur". (Ces comportements sont les plus fréquents lorsque les enfants ne sont pas encore pubères). D’autres se livrent à un acte de pénétration sexuelle et agissent de la même manière que s’ils se trouvaient face à un adulte.

Il n’existe pas de comportement sexuel spécifique aux pédophiles : la pédophilie ne désigne pas un acte en particulier mais une attirance sexuelle pour les enfants pré-pubères qui se traduit, lorsqu’il y a passage à l’acte, par un type de comportement envers les enfants propre à chaque individu.

13- Tous ceux qui abusent sexuellement d’enfants pré-pubères sont-ils des pédophiles ?
Non. Les spécialistes distinguent généralement deux types d’individus :

Ceux qui abusent sexuellement de jeunes enfants sans éprouver pour eux une réelle attirance sexuelle. On ne doit pas employer le terme de pédophile mais celui d’abuseur sexuel d’enfants. Il s’agit par exemple d’individus sans moralité qui commettent toutes sortes d’actes criminels ou de délits sur les biens et les personnes (quelque soit leur âge). Ceux qui abusent sexuellement d’enfants par désir de tout expérimenter dans ce domaine entrent également dans cette catégorie.
Dans le second cas, les individus éprouvent une réelle préférence sexuelle envers les enfants pré-pubères. Il s’agit ici de vrais pédophiles. Chez ces individus, la dimension perverse est davantage présente. Parmi eux, on peut distinguer ceux qui séduisent et idéalisent l’enfant et font preuve d’une grande attention et sensibilité à son égard et ceux qui recourent plus généralement à la force et à la violence pour contraindre leurs victimes.

14- Peut-on être pédophile sans passer à l’acte ?
Oui. Certains éprouvent une réelle attirance pour les jeunes enfants, et peuvent donc être qualifiés de pédophiles, mais ne passent pas à l’acte, généralement soit parce qu’ils se sentent honteux et fautifs, soit parce qu’ils ont peur d’être pris. Dans la mesure où ils ne traduisent pas leur attirance par des faits, ces individus ne sont pas coupables vis-à-vis de la loi.

15- Le fait d’avoir des fantasmes sexuels sur les enfants signifie-t-il que l’on est pédophile?
Pas nécessairement. Pour pouvoir le dire, il faut tenir compte de l’ampleur et de la persistance des fantasmes.

Par exemple, on peut être excité ponctuellement par une scène érotique avec un enfant sans pour autant être pédophile.

Les pédophiles en revanche sont des individus pour qui les fantasmes sexuels sur les enfants occupent une très grande place et persistent sur une longue période de temps. Certains d’entre-eux n’abuseront jamais d’enfants. Mais pour d’autres, ce risque existe et peut être important. Il arrive parfois que des personnes, prenant conscience du caractère "anormal" de leurs fantasmes et de la menace qu’elles font courir aux enfants, consultent d’elles-mêmes un spécialiste.

Ce n’est que lorsque le pédophile traduit ses fantasmes en actes et qu’il abuse sexuellement d’un enfant qu’il devient condamnable au plan juridique.

16- Y-a-t-il plus de pédophiles dans certains milieux sociaux ?
Non, ils appartiennent à tous les milieux sociaux. Mais on peut souligner que jusqu’à présent le repérage et les poursuites ont été plus fréquents chez les catégories les plus défavorisées. Il est sans nul doute plus facile pour les gens de condition sociale élevée de cacher ce type d’affaires. On a par ailleurs plus de mal à croire que des personnes "respectables" sont capables d’abuser sexuellement d’enfants.

17- Y-a-t-il plus de pédophiles dans certaines professions ?
L’interrogation concernant la profession est pertinente puisque l’on remarque, en effet, qu’un nombre non négligeable de pédophiles se tournent vers les métiers qui leur permettent un contact direct et permanent avec les enfants. Ils surinvestissent l’intérêt porté aux enfants qu’ils se sentent une vocation à soigner, éduquer, enseigner.

18- Quelle est l’ampleur du phénomène ?
Il est extrêmement difficile de connaître le nombre de pédophiles ou d’enfants victimes de pédophilie. Le sujet ayant longtemps été caché, nié, victime de la "loi du silence". On dispose depuis quelques années de données chiffrées sur les abus sexuels sur enfants sans qu’il y soit fait la plupart du temps de distinction d’âge (Voir question 34). Il semblerait toutefois que plus de la moitié des abus sexuels sur enfants ont lieu avant l’âge de 12 ans.

19- La pédophilie est-elle condamnée par la loi ?
Contrairement à ce que l’on peut penser, la "pédophilie" ne figure pas dans le Code pénal. Ce n’est pas un terme juridique mais un terme médical (psychiatrique) qui définit, comme indiqué plus haut, un trouble de l’orientation sexuelle. On ne peut pas être condamné pour une attirance, une orientation (qui reste au stade de la pensée) mais uniquement pour les actes que l’on commet s’ils sont contraires à la loi.

20- Que prévoit le Code pénal ?
La législation varie fortement d’un pays à l’autre : d’une part la définition des infractions n’est pas la même (c’est le cas notamment du viol) et d’autre part les peines prévues pour chacune d’elles diffèrent également fortement.

Toutefois, on distingue généralement les agressions sexuelles (dont fait partie le viol) et les atteintes sexuelles. Les premières sont exercées avec violence, contrainte, menace ou surprise, contrairement aux secondes.

Concernant les agressions sexuelles, le jeune âge de la victime est en principe une circonstance aggravante de la peine encourue par l’auteur de l’agression. Pour les atteintes sexuelles, le fait qu’elles soient exercées sur un enfant est une infraction en tant que telle.

21- Qu’est-ce que la majorité sexuelle ?
La majorité sexuelle est une notion importante. Elle désigne l’âge à partir duquel un individu peut librement consentir à des relations sexuelles, y compris avec un adulte plus âgé que lui.

Toute relation sexuelle avec un mineur n’ayant pas atteint la majorité sexuelle est interdite par la loi. Quelques soient les déclarations de la victime, elle est toujours considérée comme ayant été abusée sexuellement. Jusqu’à cet âge, toute notion de consentement est donc exclue.

Dans les pays où le juridique n’a pas la place qu’il occupe dans les pays occidentaux, l’âge du consentement relève de la tradition.

22- L’âge de la majorité sexuelle est-il le même dans tous les pays où cette notion existe ?
Non, à titre d’exemple, la majorité sexuelle est fixée à 16 ans en Angleterre, au Pays de Galles, en Suisse, en Autriche, à 15 ans en France et au Danemark, à 14 ans en Allemagne, en Autriche, au Portugal et en Suisse, à 12 ans en Espagne.

Les autres abus sexuels sur enfants

23- Qu’est-ce que l’inceste ?
On parle d’inceste lorsque l’abus sexuel est commis par un membre de la famille de l’enfant : père, mère (exceptionnellement), beau-père, frère, oncle...

24- Peut-on comparer l’inceste et la pédophilie ?
Il existe certaines différences entre l’inceste et la pédophilie :

L’inceste survient toujours dans un contexte de dysfonctionnement familial : le parent incestueux, comme avant lui ses propres parents, n’a pas intégré l’interdit de l’inceste. Ensuite, le pédophile choisit généralement minutieusement l’enfant qu’il va abuser (en fonction de l’âge, du sexe, de toutes sortes de caractéristiques physiques). Le père incestueux, lui, s’en prend à ses enfants parce que, précisément, ce sont ses enfants : il ne choisit pas sa victime. Il n’éprouve pas dans la plupart des cas une attirance générale envers les enfants. Il faut mentionner également que dans le cas d’un inceste, le traumatisme pour l’enfant est plus grand que lorsque l’abuseur est un étranger.

Mais par ailleurs, l’enfant attend protection de la part des adultes en général et de ses parents en particulier. L’image de l’adulte protecteur est fondamentale pour l’enfant. C’est celle que le parent doit incarner lorsque l’enfant a été abusé sexuellement par un étranger et c’est précisément celle que le parent détruit quand il commet un inceste. Pour cette raison, l’inceste est considéré par certains experts comme le cas typique de la pédophilie.

25- Que prévoit la loi concernant l’inceste ?
De même que la pédophilie, l’inceste ne figure pas dans le Code pénal français. En revanche, comme dans le cas où la victime est un mineur de moins de quinze ans (voir question 1, le fait que l’abus sexuel soit commis par un ascendant est considéré comme une circonstance aggravante qu’il y ait agression ou atteinte sexuelle.

26- Qu’est-ce que la pornographie impliquant des enfants ?
La définition de la pornographie impliquant des enfants varie fortement d’un pays à l’autre :

Dans certains pays comme les Etats-Unis, il n’y a pornographie que lorsqu’il y a réellement, derrière l’image, abus ou exploitation sexuelle d’enfants. Dans d’autres pays, toute image sexuellement explicite d’enfants (réelle ou créée) est considérée comme de la pornographie. Le groupe belge MAPI (Mouvement Anti-Pédophilie sur Internet) ne restreind pas la pornographie aux seules images. Il la définit comme "tout matériel mettant en scène des enfants dans des situations explicitement sexuelles ou incitant à l’exploitation sexuelle des enfants". Interpol a établit une définition très large de la pornographie : "La pornographie enfantine est la conséquence de l’exploitation ou de l’abus sexuel perpétré sur un enfant. Elle peut être définie comme tout moyen de dépeindre ou de promouvoir l’exploitation sexuelle d’un enfant, y compris sous forme écrite et/ou audio, centrée sur les actes sexuels ou les organes génitaux de l’enfant".

27- Quel est l’évolution du phénomène de la pornographie impliquant des enfants ?
L’apparition des nouvelles technologies, et notamment d’Internet, a permis une forte expansion du phénomène de la pornographie impliquant des enfants. Deux faits marquants doivent être soulignés. D’une part les quantités d’images saisies chez les particuliers lors d’opérations de police sont de plus en plus importantes (de 75 000 à 250 000, voire 500 000 selon Interpol). D’autre part on assiste à une escalade de la violence concernant un certain type de pornographie puisque l’on va jusqu’à mettre en scène torture et meurtre d’enfants.

28- Quel rôle joue la pornographie impliquant des enfants chez les pédophiles ?
Un grand nombre de pédophiles collectent, (re)distribuent souvent, et même produisent de la pornographie impliquant des enfants. Elle est souvent un élément important chez les pédophiles.

La consommation leur permet d’alimenter leurs fantasmes.

En ce qui concerne la distribution, l’échange d’images avec d’autres pédophiles, la création et le renforcement de réseaux de pédophiles sont plus importants que le gain financier lui-même.

29- Quels sont les dommages de cette pornographie pour l’enfant ?
L’acte est préjudiciable pour les enfants à plusieurs titres :

La consommation de pornographie impliquant des enfants fait vivre et prospérer une industrie qui, à la base, exploite sexuellement les enfants (sauf dans le cas d’images virtuelles, qui restent cependant nuisibles à d’autres titres) essentiellement dans les pays pauvres. Ensuite, le sentiment de culpabilité que les enfants, utilisés pour produire cette pornographie, peuvent éprouver (ou éprouveront plus tard) se trouve renforcé et perdurera longtemps. Par ailleurs, ces images peuvent être utilisées par les pédophiles pour désinhiber d’autres enfants vis-à-vis de la sexualité et les persuader ainsi d’avoir des relations sexuelles avec eux. Enfin, les enfants, notamment par le biais d’Internet, sont susceptibles d’avoir accès à ces images.

30- Quelle est la position de la loi vis-à-vis de la pornographie impliquant des enfants ?
Alors que la pornographie mettant en scène des adultes est tolérée dans beaucoup de pays, la pornographie impliquant des enfants est, elle, en principe illégale.

On peut néanmoins souligner que :

les législations diffèrent notablement d’un pays à l’autre en fonction des différentes définitions relatives à la pornographie impliquant des enfants (Cf. question 24) mais aussi en fonction de l’âge en dessous duquel les faits sont punis.
certains pays ne punissent pas la simple détention de matériel pornographique impliquant des enfants (cas de la France par exemple).
les lois n’évoluent pas aussi vite que les progrès de la technologie qui modifient profondément le paysage de la pornographie.
dans certains pays, la législation en matière de pornographie impliquant des enfants est inexistante.

31- Que doit-on savoir sur le tourisme sexuel sur enfants et la prostitution enfantine ?
L’expansion des échanges internationaux dans le monde a eu des conséquences dramatiques sur le développement du tourisme sexuel en général et de celui impliquant des enfants en particulier. Un nombre de plus en plus grand d’individus se rendent à l’étranger pour avoir des relations sexuelles avec des enfants. L’"offre d’enfants" a des causes multiples parmi lesquelles on peut mentionner l’accroissement de la pauvreté et à l’apparition de nouveaux besoins suscités par le contact avec les pays riches. Elle est venue répondre à une "demande" en constante augmentation, liée à la recherche de partenaires de plus en plus jeunes afin d’éviter la contamination par des maladies sexuellement transmissibles, et notamment par le virus du sida, et au sentiment que, dans les pays les plus pauvres, les contacts sexuels avec des enfants sont permis ou restent de toute façon impunis.

On ne connaît pas le nombre exact d’enfants prostitués dans le monde : ils seraient de 1 à 3 millions suivant les estimations, essentiellement dans les pays d’Amérique Latine, d’Asie et de façon croissante dans les pays d’Europe de l’Est. Les pays dont la législation en matière d’abus sexuels sur mineurs est peu répressive sont naturellement les destinations privilégiées des touristes sexuels. (Même si le phénomène n’est pas comparable, il faut toutefois indiquer que les pays occidentaux ne sont pas épargnés par le problème de la prostitution enfantine).

32- Quel est l’incidence du sida sur les enfants prostitués ?
Selon l’ONUSIDA et l’OMS, fin 1998, 1,2 million d’enfants de moins de quinze ans vivaient avec le virus du sida. Plus de 4 millions d’enfants de moins de quinze ans auraient été infectés depuis le début de la maladie. 2,8 millions d’entre eux seraient déjà décédés de la maladie. Parmi les enfants de moins de quinze ans contaminés par le virus, plusieurs centaines de milliers ont été infectés par transfusion sanguine et voie sexuelle.

Les enfants prostitués sont touchés de façon dramatique par ce fléau. Ils sont moins informés que les adultes des risques encourus, sont beaucoup plus sujets que leurs aînés à une contamination et développent plus vite la maladie.

En Asie par exemple, les tests effectués sur les enfants que l’on tente de retirer de la prostitution indiquent que 50 à 80% d’entre eux sont infectés par la maladie.

33- Quel lien peut-on établir entre pédophilie, pornographie et tourisme sexuel ?
De plus en plus fréquemment, les touristes sexuels se rendent dans les pays en voie de développement pour avoir des relations sexuelles avec des enfants et photographient ou filment leurs ébats. Les images sont ensuite parfois échangées ou vendues une fois leurs "propriétaires" de retour dans leur pays.

34- La loi poursuit-elle ceux qui commettent des abus sexuels sur les enfants à l’étranger ?
Une douzaine de pays se sont dotés de lois d’extraterritorialité destinées à poursuivre leurs ressortissants coupables d’abus sexuels sur enfants à l’étranger. Elles permettent de pallier à l’impunité de certains pays en ce domaine, qui s’explique par des législations défaillantes et/ou par un manque de volonté de faire appliquer les lois. Elles doivent être mises en œuvre lorsque les auteurs d’agressions sexuelles sur enfants n’ont pas été condamnés dans les pays où l’infraction a été commise.

35- Que sait-on des abus sexuels sur enfants commis par des enfants ?
L’accroissement du nombre d’auteurs très jeunes dans les cas d’agressions sexuelles d’enfants est un phénomène inquiétant. Selon, les résultats d’une enquête publiée en 1996 et réalisée à Genève sur 1116 garçons et filles âgés de 13 à 17 ans, 35% des cas d’abus sexuels sur mineurs sont commis par des auteurs de la même classe d’âge. Une recherche réalisée en Espagne par l’Université de Valence va même plus loin, puisqu’elle indique que 50% des agresseurs sexuels d’enfants sont des adolescents. Dans un certain nombre de cas, il s’agit de rendez-vous entre adolescents qui tournent mal.

36- Quel est l’ampleur des abus sexuels sur enfants?
Il n’est pas aisé d’avoir une idée de l’ampleur d’un problème où règnent la honte et le secret. Les chiffres sont dans ce domaine assez aléatoires.

On pense qu’approximativement 1 garçon sur 10 ou sur 8 et 1 fille sur 4 environ sont victimes d’abus sexuel au sens large avant l’âge de 18 ans.

Selon l’enquête précitée réalisée à Genève, une agression avec contact physique a eu lieu chez 20% des filles et 3,3% des garçons. Une pénétration sexuelle a eu lieu chez 5,6% des filles et 1,1% des garçons.

37- Quelle est l’importance des abus sexuels sur enfants comparé à l’ensemble de la maltraitance ?
En France, selon l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée, en 1997, les abus sexuels représentaient près du tiers des cas de maltraitance, à peu près autant que les violences psychologiques et les négligences graves d’une part et que les violences physiques d’autre part.

On constate toutefois que l’abus sexuel sur enfant est assez rarement un acte isolé. Il survient fréquemment en réalité dans un contexte de maltraitance (séparation des parents, abandon ou négligence de l’enfant, violences physiques...). Le repérage d’un abus sexuel chez l’enfant doit amener à s’interroger sur l’existence d’autres formes de maltraitance.

38- Y-a-t-il plus de cas d’abus sexuels aujourd’hui ?
Il semble difficile d’affirmer que les agressions sexuelles d’enfants sont en augmentation même si les chiffres disponibles indiquent une aggravation du phénomène. La pédophilie et les abus sexuels sur enfants existent depuis fort longtemps mais le tabou dont ils étaient l’objet, et qui subsiste encore parfois, fait qu’on a longtemps ignoré le problème. La prise de conscience au cours des années récentes permet que les victimes soient mieux repérées et systématiquement comptabilisées. De plus, le dépôt de plainte est devenu plus fréquent. Jusque très récemment, en France, les cas d’abus sexuels sur enfants étaient généralement répertoriés, lorsqu’ils étaient connus, avec les agressions sexuelles sur les adultes. Les données statistiques ne sont disponibles que depuis trop peu d’années pour pouvoir dégager une tendance. En outre, aujourd’hui comme hier, un grand nombre de cas n’apparaissent pas dans les chiffres. Ceux-ci doivent être donc considérés avec prudence.

En revanche, deux phénomènes se sont certainement aggravés : la pornographie et le tourisme sexuel impliquant des enfants.

Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Maltraitance à enfant - Communauté : stop à la maltraitance
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 10:57

En l’absence d’études et d’enquêtes françaises, nous avons recensé les informations et données internationales, partant du principe qu’aucune raison ne peut justifier une différence de résultats dans notre pays.

Les victimes
80% des victimes d’infractions sexuelles sont de sexe féminin.
20% des femmes et 7% des hommes subiront une agression sexuelle avant l'âge de 18 ans
45% des violences sexuelles concernent des enfants de moins de 9 ans.
Le risque relatif d'infractions sexuelles chez les handicapés est multiplié par 3 par rapport à la population générale.
50% des victimes d’inceste appartiendraient à des familles touchées par l'alcoolisme

Les agresseurs
98% des agresseurs sexuels sont des hommes, âgés de moins de 18 ans pour 19% d’entre eux.

Troubles et conséquences

Troubles multiples : une étude du Comité de protection de la jeunesse canadienne sur les cas de 85 filles ayant subi l'inceste qui a été signalé, démontre que ces filles présentaient en moyenne huit sortes de problèmes, soit d'ordre familiaux (86%), psychologiques (85%), de relations sociales (49%), scolaires (46%), de nature sexuelle (34%), de délinquance (26%), de fugue (25%) et de santé (23%).

Troubles du sommeil :20 % à 30 % des enfants agressés sexuellement ont des problèmes reliés au sommeil (.

Anorexie - boulimie : 5 % à 20 % des enfants victimes éprouvent des difficultés reliées aux comportements alimentaires et à l'appétit. ( 50% des anorexiques et 75% des boulimiques interrogés font état d’agressions sexuelles dont ils auraient été victimes dans leur enfance.

Fugues et délinquance : des études relatives aux jeunes fugueurs et aux délinquants rapportent qu'entre 30 % et 55 % d'entre eux avaient été victimes d'agressions sexuelles. Les victimes d'inceste auraient tendance à quitter précocement la maison, avant 18 ans.

Les séquelles :

qui ont cependant le plus été étudiées et dont on pense qu'elles ont le plus d'impact sont les perturbations psychologiques. Sgroi les définit ainsi : la culpabilité, la peur, la dépression, la perte d'estime de soi (60 et 87% des victimes d'inceste seraient modérément ou gravement affectées dans leur estime d'elles-mêmes) et les problèmes de sociabilité, la colère et l'hostilité refoulées, la diminution de l'aptitude à faire confiance à quelqu'un, la confusion des rôles, la pseudo-maturité, alliée à l'incapacité d'accomplir les activités de développement; des problèmes de maîtrise de soi et de contrôle.

Préjudice physique : le sondage national mené auprès des hôpitaux Canadiens par le Comité Badgley a permis de recueillir que plus de sept filles sur dix (71,9%) et près d'un garçon sur deux (47,4%) victimes d’agressions sexuelles avaient subi une pénétration ou une tentative de pénétration. D'après le résultat des examens médicaux, environ un enfant sur quatre (23,1%) avait besoin de soins médicaux pour des préjudices physiques ou des états pathologiques (qui n'étaient pas tous imputables à l'agression sexuelle).

Prostitution : entre 76 et 90% des femmes et des hommes prostitués ont des antécédents d'agressions sexuelles pendant leur enfance, le plus souvent de nature incestueuse

Toxicomanie : 35 % des femmes ayant vécu l'inceste auraient des problèmes de drogues et d'alcool, comparativement à 5 % des femmes non agressées. Les femmes ayant été agressées sexuellement durant l'enfance risquent deux fois plus que les autres de prendre des somnifères et trois fois plus de recourir à des calmants.

Dépressions et suicides : les victimes d’infractions sexuelles sont 8 fois plus susceptibles que les «non victimes» de faire des tentatives de suicide et 5 fois plus susceptibles de faire une dépression nerveuse. U ne étude auprès des femmes hospitalisées dans les services psychiatriques des hôpitaux de Toronto révèle que 90% d'entre elles ont vécu des agressions sexuelles ou physiques ou les deux durant leur enfance.

Maladies musculaires :90% des femmes atteintes de fybromyalgie auraient subi des agressions sexuelles, physiques ou psychologiques durant l’enfance, l’adolescence ou au début de l’age adulte

Revictimisation : les femmes exploitées sexuellement pendant leur enfance se retrouvent souvent dans des situations dangereuses ou dans des relations où elles sont exploitées. Il existe un lien étroit entre l’inceste et l’expérience ultérieure d’agression sexuelle, de violence conjugale ou d’autres formes de violence sexuelle.

Problèmes affectifs : une forte majorité des victimes d'inceste vivent difficilement leurs rapports avec les hommes, et environ 40% d'entre elles ne se sont jamais mariées.

L’automutilation : le nombre des victimes d’inceste présentant des gestes d’automutilations ( brûlures, entailles, coupures) atteint 58 % dans certaines études.

Beaucoup de victimes ignorent longtemps que ces troubles et conséquences peuvent être causés par l'inceste.

Une torture jour après jour

Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Maltraitance à enfant - Communauté : stop à la maltraitance
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 10:55
Partout dans le monde le tourisme sexuel ne cesse de prendre de l'ampleur. La mobilisation de la communauté internationale et les mesures de plus en plus répressives de la part des états concernés semblent incapables d'endiguer ce fléau et les efforts des associations se concentrent aujourd'hui sur le terrain de la prévention.


Du Cambodge au Sénégal, le phénomène n’épargne personne. Dans tous les pays pauvres où le soleil brille, des adolescents ou des enfants sont prostitués ou abusés sexuellement par des voyageurs en mal de sensations fortes. Cet énorme marché, difficilement quantifiable en raison de sa clandestinité, toucherait, selon l’UNICEF, plusieurs millions de personnes dans le monde. Il n’a cessé de se développer avec l’essor des voyages à bas prix ces vingt dernières années.


Les beaux jours erriveront et avec eux les vacances. Pourtant, pour des millions d’enfants dans le monde, cette période est synonyme d’une recrudescence de leur exploitation sexuelle.

Une répression difficilement applicable
De nombreux pays se sont engagés à prendre des mesures pour lutter contre ce phénomène. La Thaïlande par exemple, a adopté des lois très répressives mais souvent inapplicables en raison du manque de formation de la police et de la corruption qui gangrène le pays. De la même manière, plusieurs états européens comme la France depuis 1994 sont aujourd’hui dotés des lois extra territoriales permettant qu’un abuseur français agissant à l’étranger puisse être poursuivi et condamné dans son propre pays. Pourtant, cette procédure reste lourde et très exceptionnelle. Alors comment agir pour lutter efficacement contre ce véritable fléau qui détruit chaque jour la vie de dizaines de milliers d’individus ?

Vous pouvez aider à empêcher que les enfants soient exploités sexuellement :

Pour beaucoup d’entre nous, voyager à l’étranger signifie « se reposer et profiter du soleil ». Malheureusement, pour une minorité cela signifie également en profiter pour avoir des relations sexuelles avec des enfants.

Ces enfants ont entre 13 et 18 ans.

Beaucoup d’entre eux ne se prostituent pas librement, mais y sont forcés. Cette exploitation peut être la cause d’un traumatisme sévère et entraîne un grand risque de contracter des maladies vénériennes ou le Sida.

Ils travaillent dans des bars, clubs et restaurants, sur les plages, dans les rues et même aux alentours des hôtels.


Si
Vous voyez que quelqu’un peut être mêlé à l’exploitation sexuelle de mineurs

Quelqu’un vous demande si vous seriez intéressé par avoir des relations sexuelles avec un jeune

…dîtes-le à un représentant de la loi Dénoncez

Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Maltraitance à enfant - Communauté : stop à la maltraitance
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 10:53


Affaire Dutroux, faits divers incestueux, prêtres américains pédophiles… les abus sexuels font la Une des journaux. Traduisent-ils pour autant une augmentation de ces perversions ?

Quelques définitions

La conférence de consensus de la fédération française de psychiatrie1 proposait de l’agression sexuelle la définition suivante : "une situation de mise sous contrainte non justifiée d'un tiers, par un sujet, ou un groupe de sujets, dans un but évident d'en tirer un bénéfice de type sexuel au seul profit du ou des agresseurs".

L'abus sexuel sur mineur peut être défini comme "la participation d'un mineur à des activités sexuelles qu'il n'est pas en mesure de comprendre, qui sont inappropriées à son âge et à son développement psycho-sexuel, qu'il subit sous la contrainte, par violence ou séduction, et qui transgressent les tabous sociaux".

Mais parlant spécifiquement de pédophilie, on s’aperçoit que la loi française ne connaît pas ce terme. Bien sûr, elle condamne très fortement toutes les agressions sexuelles avec ou sans violence, les viols à l’encontre des moins de 15 ans mais elle ne dispose pas d’une définition particulière. En dessous de cet âge, un enfant n'est jamais consentant aux termes de la loi, mais victime d'un délit ou d'un crime.

Selon l’Organisation mondiale, la pédophilie fait partie de la santé des "troubles de la préférence sexuelle" et est définie comme une préférence pour les enfants généralement pré-pubères ou en début de puberté, quel que soit le sexe. L'adulte (homme ou femme) a pu garder une sexualité hétérosexuelle épisodique ou plus suivie, dans le cadre d'un couple officiel. L’inceste fait donc implicitement partie de la pédophilie. Mais dans ce cas, la spécificité du lien entre l'agresseur et la victime est caractérisée par la notion judiciaire "d'ascendant".

Régulièrement journaux et magazines se font l'écho d'abus sexuels. Mais combien de drames révélés pour combien de destins brisés. Les victimes de sévices sexuels gardent leur secret. Quelques précautions vous permettront de savoir si votre enfant est conscient de ces risques. Découvrez également les associations et services d’aide à contacter en cas de danger.

Que faire face à un enfant victime d'abus sexuel ?

Régulièrement journaux et magazines se font l'écho d'abus sexuels. Ecoles, centres de vacances, parents sont tour à tour montrés du doigt. Mais combien de drames révélés pour combien d'enfants oubliés. Les enfants victimes de sévices sexuels gardent leur secret. Comment les aider à mettre des mots sur les abus qu'ils ont subis ? Quelle attitude adopter ?

Comment repérer qu'un enfant est victime d'abus sexuel ?

Le cas est simple lorsque l'abus est révélé par un témoin direct ou par l'enfant ou l'adolescent lui-même. Quelques mots suffisent parfois à l'enfant pour évoquer l'acte subi, susciter l'attention sur une douleur enfouie, des éléments à partir desquels il deviendra possible de l'aider à se livrer davantage.

La situation devient plus complexe quand il s'agit de décrypter un comportement perturbé. Lorsque l'enfant est anormalement agité ou se replie sur lui même, qu'il se plaint de maux de ventre, cauchemarde, n'a plus faim, rencontre des difficultés scolaires...

Chez le petit enfant n'ayant pas accès au langage, les troubles se manifesteront plus particulièrement par le corps et par des perturbations du contact avec autrui. L'enfant un peu plus âgé mais encore très jeune, pourra reproduire des actes subis, les mimer sur d'autres enfants, sur une poupée, une peluche ou sur lui même, certains auront des conduites masturbatoires exacerbées. Parfois l'enfant accompagne ces gestes par quelques mots ou phrases : "bobo" ou "méchant" en parlant d'une peluche.

Ces symptômes et le contexte dans lequel ils se déroulent, sont autant de signes que l'enfant nous lance pour dévoiler la situation.

Comment aider l'enfant à parler ?

L'enfant parlera plus facilement à une personne en qui il aura confiance.

S'il arrive qu'il se livre spontanément, il faut la plupart du temps l'aider à parler sans pour autant lui poser des questions trop directes. Préférez "Je voudrais comprendre pourquoi tu fais à nouveau pipi au lit", "J'ai l'impression que quelque chose ne va pas à la maison, que quelqu'un te fait souffrir", "Ce que je constate sur ton corps me fait penser que quelqu'un ne se conduit pas bien avec toi." "C'est peut-être difficile pour toi d'en parler parce ce que par moment tu aimes beaucoup cette personne et à d'autres moments tu la détestes" à des formulations qui induisent déjà des réponses*.

Dans un premier temps, il est préférable de ne pas aborder ce qui est le plus douloureux, l'enfant risque de devenir mutique sur ce sujet.

Il est important de soutenir l'enfant dans ses révélations

L'enfant imagine toujours être le seul à qui cela arrive .

Il peut demander à ce que la confidence reste secrète. Mais garder son secret revient à ne pas le protéger. Pourtant ne pas tenir compte de sa demande peut aboutir à une rétractation : négation de la situation ou parfois tentative de suicide chez les adolescent(e)s. Ces situations demandent du doigté et du temps pendant lequel il faut expliquer à l'enfant que ce secret le détruit.

Il est nécessaire que l'adulte (proche ou professionnel) soutienne l'enfant ou l'adolescent :

En dégageant ce dernier d'une position de "dénonciateur" et en faisant référence à la loi : l'interdit de tels actes concerne tout un chacun.
En trouvant les moyens de lui éviter d'être amené à subir d'autres abus sexuels.
Au besoin, l'adulte peut faire appel à des personnes de relais : associations spécialisées, CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique), assistantes sociales, pédopsychiatres, psychanalystes etc.

Avant tout protéger l'enfant
L'urgence dans une situation de révélation d'abus sexuel, c'est avant tout l'assurance d'une protection immédiate et réelle de l'enfant.


Une protection en milieu hospitalier, dans un service spécialisé peut permettre un travail préparatoire à la révélation. Ensuite il est nécessaire de porter plainte auprès des autorités judiciaires. L'enfant rencontrera un médecin légiste pour constater les dommages corporels. Cette démarche doit être rapide. Il rencontrera également un expert psychiatre pour témoigner des faits subis.

L'enfant a accès à un avocat pour mineurs .

L'accompagnement psychologique est primordial
La révélation constitue parfois un choc traumatique du fait de la prise de conscience qu'elle engendre. En effet, dans un premier temps, l'enfant ne réalise pas toujours qu'il est victime d'abus. Ce n'est que dans un second temps, au moment de la révélation, quand il s'aperçoit que les autres enfants ne sont pas agressés, qu'il prend conscience de la situation subie.

Il est essentiel que l'enfant, l'adolescent et l'entourage familial puisse avoir chacun un lieu d'écoute confidentiel auprès de personnes compétentes (psychanalystes, psychologues, pédopsychiatres etc..) afin de prendre en compte les conséquences de l'abus sur un plan psychique.

Ainsi, chacun pourra mettre des mots sur une épreuve très douloureuse pour tenter de sortir du chaos.

Mais pour certains enfants, il est impossible, du fait de la violence de la situation, de consulter tout de suite après la révélation, ils ne peuvent en parler. Il est essentiel de respecter leur silence. Insister serait une nouvelle violation de leur intimité.

Pourquoi est-il si difficile à l'enfant de parler ?

Dans le cas où l'enfant a été victime d'un parent abuseur de nombreuses raisons l'amènent à se taire : l'enfant idéalise ses parents, il a besoin de les voir comme ses parents même s'il a été agressé. Dans un premier temps, il imagine que tous les parents sont comme cela. Ses parents sont des adultes de référence. Il les protège. Son immaturité le met en situation de dépendance vis-à-vis d'eux. Un enfant fait habituellement confiance à ses parents. Au début, il peut ne pas réaliser l'abus dont il est victime. De plus il a pu être menacé : "Si tu parles je vais aller en prison", "Si tu parles tu vas mourir".
Plus le degré de confiance en l'agresseur a été fort, plus les dommages psychiques sont grands pour l'enfant, l'adolescent.

Les erreurs à éviter


Une situation d'abus sexuel n'est pas à banaliser. Elle ne peut se régler "en famille".

Il y a transgression de la loi. La société doit rétablir le droit en reconnaissant d'une part l'agressé(e) comme victime et d'autre part l'agresseur comme personne ayant porté préjudice à autrui. Il est important que la victime puisse obtenir une restitution de ses droits et que l'agresseur soit amené à assumer au mieux la responsabilité de ses actes.

L'enfant reste avant tout un enfant, il ne doit pas recevoir l'étiquette "d'enfant abusé".
Ne pas oublier de demander aux autres enfants de la famille s'ils ont aussi été victimes.
Dans une situation d'abus sexuel, il vaut mieux ne pas prévenir la personne qui a agressé avant d'avoir porté plainte, sinon elle risque de préparer sa défense et de déjouer la preuve des faits.

Les situations d'abus sexuels concernant des enfants entre eux, ou des enfants et adolescents sont à interpréter de manière différente, elles sont très complexes.

Ne pas oublier qu'il existe aussi des "mères abuseuses".
Par Le Soleil Blanc - Publié dans : Maltraitance à enfant - Communauté : stop à la maltraitance
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